Tu connais ce geste mécanique, presque rituel, où tu tapes plusieurs fois sur le bouton de l’ascenseur ? Pas parce que t’es particulièrement impatient, ni que tu penses secrètement dompter la machine, mais plutôt parce que ça te rassure un peu, comme si ce petit coup supplémentaire allait vraiment faire arriver l’ascenseur plus vite. Eh bien, spoiler : pour la plupart des ascenseurs, c’est un poil placebo. Mais comme dans la vie, l’illusion de contrôle est parfois la meilleure potion contre la frustration. Entre superstition, habitudes ancrées et psychologie du tactile, décortiquons ce phénomène surprenant qui nous fait appuyer toujours plus fort, toujours plus vite, sur ces fichus boutons.
Pourquoi tu tapotes deux fois sur le bouton d’ascenseur ? Habitude, superstition ou besoin de contrôle ?
Attraper la manie de répéter le contact avec le bouton d’ascenseur est universel — pas une question d’âge, de classe sociale ou même de pays. Cette répétition est avant tout une manifestation de l’illusion de contrôle, ce doux mirage psychologique qui nous fait croire qu’en touchant le bouton plusieurs fois, on maîtrise un peu plus la machine. On est comme ce héros de roman d’anticipation qui, face à la cabine d’acier muette, veut s’assurer qu’elle a bien reçu son ordre.
Certains sont les pressés convaincus qu’un double tapotement effraiera le temps. D’autres, plus anxieux, qui se posent la question : ai-je vraiment appuyé la première fois ? Et puis il y a ceux qui trouvent l’acte gratifiant, presque ludique. Bref, la psychologie derrière ce comportement révèle que toucher les boutons n’est pas qu’une question de fonction mais bien une quête de certitude.
Les boutons d’ascenseur : des outils scientifiquement sensibles… ou presque
On pourrait croire que chaque pression sur ces boutons apporte un effet direct, mais en réalité, nombre d’entre eux sont programmés pour ignorer les presses répétées dans un laps de temps très court. Les ingénieurs ont prévu que répéter la pression ne déclenche pas d’action supplémentaire, évitant ainsi de surcharger inutilement les circuits. Souvent, ces boutons sont d’ailleurs paramétrables et certains peuvent même être désactivés volontairement, organisant ainsi une apparition maîtrisée de la réponse de l’ascenseur.
En plus, cette idée colle parfaitement avec la théorie des boutons placebo, évoquée dans l’univers des ascenseurs et très similaire aux fameux boutons aux passages piétons qui, parfois, ne servent à rien du tout. Pressés pour l’illusion qu’ils produisent, ces boutons ne modifient souvent pas le résultat de manière directe, mais offrent cette sensation étrange de contrôle qui nous fait patienter un peu plus sereinement.
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Effet placebo : pourquoi des boutons qui ne servent pas vraiment existent encore ?
Ça pourrait sembler bizarre, mais plusieurs dizaines de pourcents des boutons installés dans les espaces urbains sont devenus inactifs. À New York, par exemple, en 2018, seuls 10% des 1 000 boutons proches des passages piétons marchaient encore. Et pourquoi garder le reste alors ? Parce que le cerveau humain adore se raccrocher à ces petits miracles technologiques, même quand ceux-ci sont factices.
La légende urbaine autour des boutons d’ascenseur et leurs fameuses fonctions « ouvrir » ou « fermer » les portes instantanément est également à nuancer : dans de nombreux cas, ces fonctions sont désactivées depuis des décennies, notamment pour des raisons de sécurité, laissant le comportement hypnotique des usagers intact, qui ne peuvent s’empêcher de presser ces boutons pour conjurer le sort.
Comme le souligne la psychologue Ellen Langer, les boutons placebo ne coûtent presque rien mais apaisent la frustration, en particulier dans des situations où se sentir en contrôle est un luxe rare. Avoue, presser ce bouton une seconde fois, c’est un peu comme dire à l’ascenseur « Eh, tu m’entends ? » avant de céder à la patience forcée.
Ce que tes doubles pressions racontent de ta relation avec l’ascenseur
L’ascenseur n’est pas juste un dispositif ; c’est un interlocuteur silencieux vers lequel tu jettes des appels de contrôle. Le comportement d’appuyer plusieurs fois sur un bouton, c’est une histoire d’anticipation, d’espérance et d’une pincée de superstition. On est dans une interaction inconsciente entre habitude ancrée parfois depuis l’enfance et perception de l’efficacité immédiate – même si la plupart du temps, celle-ci est illusoire.
Ce phénomène est assez proche de celui qu’on retrouve dans d’autres comportements bizarres du quotidien, comme éviter de croiser le regard du voisin dans l’ascenseur, un réflexe où la psychologie sociale joue aussi ses tours. Tout comme appuyer plusieurs fois sur un bouton d’ascenseur, c’est un rituel qui dit beaucoup sur notre besoin incessant de comprendre le monde qui nous entoure, même dans ses moindres détails.
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Liste des principaux facteurs qui expliquent pourquoi on touche les boutons d’ascenseur plusieurs fois 🔍
- 🔘 L’illusion de contrôle : on croit influencer la machine, alors que non.
- ⌛ L’impatience : on veut que ça aille plus vite, voire très vite.
- 🤔 L’incertitude : « Ai-je vraiment appuyé sur le bouton ou pas ? »
- 🧠 Le réflexe conditionné : habitude ancienne difficile à perdre.
- 🪄 La superstition : comme un rituel protecteur contre les retards.
- 📚 La mémoire défaillante : surtout lorsque l’ascenseur est intelligent et gère la file à sa manière.
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Tableau comparatif : Boutons d’ascenseur activés vs boutons placebo 🛗🔴
| Caractéristiques | Boutons activés | Boutons placebo |
|---|---|---|
| Réactivité | Déclenche l’ascenseur ou la fonction immédiatement | Pas d’effet direct, juste une réponse tactile |
| Fonctionnalité | Toujours en état de marche | Souvent désactivés ou programmés pour ignorer |
| Effet psychologique | Confirme l’action | Donne un faux sentiment de contrôle |
| Sécurité | Normes respectées (ex : portes restent assez ouvertes) | Aucune incidence sur la sécurité |
| Usage | Appui unique conseillé | Répétition fréquente mais inutile |
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Dans la vraie vie, quelle chance d’effacer l’attente en appuyant deux fois ? Spoiler : zéro 🕵️♂️
Malgré tout le confort psychologique que cela peut offrir, appuyer plusieurs fois sur le bouton n’accélérera pas l’arrivée de ton ascenseur – c’est plutôt l’inverse qui se produit puisqu’avec un appui multiple, tu risques d’irriter ton voisin ou le gestionnaire du bâtiment. Sache aussi que certains ascenseurs modernes enregistrent ta demande dès la première pression et ignorent la suite comme une conversation qu’on couperait sèchement.
Pour une arrivée plus rapide, mieux vaut effectivement garder ton calme ou commencer à répéter cet autre rituel drôle d’attente : regarder fixement le numéro de l’étage qui change. Un peu comme si ça allait faire descendre l’ascenseur plus vite… même si, là aussi, on appelle ça l’illusion du bouton magique.
Est-ce que appuyer plusieurs fois sert à quelque chose ?
Non, la plupart des ascenseurs sont programmés pour ne pas réagir aux pressions répétées dans un court laps de temps. L’effet est psychologique, pas technique.
Pourquoi certains boutons ne fonctionnent-ils plus ?
Beaucoup de boutons ont été désactivés pour des raisons techniques ou de sécurité, mais ils restent là pour l’illusion de contrôle et le confort des usagers.
Peut-on vraiment contrôler l’ascenseur ?
Pas vraiment. L’ascenseur suit des systèmes automatisés. Ce que l’on contrôle, c’est surtout notre propre impatience via ces boutons.
Les boutons placebo existent-ils ailleurs que dans les ascenseurs ?
Oui, on les trouve aussi aux passages piétons, dans certains thermostats d’hôtel ou même dans des boutons de fermeture de porte.
Ingénieur en sciences cognitives et communication, j’ai décidé d’explorer les grandes questions inutiles avec un style qui mêle humour, culture et autodérision.
Quand je ne cherche pas à comprendre pourquoi les chats tombent toujours sur leurs pattes, j’écrit des articles mêlant sciences, comportements humains, phénomènes naturels, culture insolite et objets du quotidien.
mon but ? Faire rire et instruire à parts égales.

