Que se passe-t-il quand un humain laisse échapper un prout dans l’espace ? La question ressemble à une blague de soirée, mais elle révèle en réalité des principes physiques sérieux et fascinants. Ici, on va démêler l’absurde du scientifique : depuis la notion de force de recul jusqu’à la survie (ou pas) d’un astronaute en combinaison, en passant par les lois qui gouvernent le comportement des gaz dans le vide. Le sujet sert aussi de prétexte pour revisiter des notions anciennes — Newton, Tsiolkovski, la conservation de la quantité de mouvement — tout en gardant le sourire. Tu vas apprendre comment un petit coup de vent interne peut, en théorie, produire un mouvement mesurable, pourquoi ce mouvement est dérisoire en pratique, et quelles autres forces cachées dans l’espace prennent la main.
« La science explique même les choses les plus ridicules — et ça, c’est beau. » — Max Delorme
Que se passe-t-il physiquement si on fait un prout dans l’espace ?
Dans l’espace, chaque action a une réaction, et c’est précisément cela qui rend la question du prout intéressante. Si un astronaute libère un gaz, ce gaz acquiert une vitesse relative par rapport au corps de l’astronaute, et l’astronaute reçoit en retour une impulsion opposée. C’est l’expression pratique de la conservation de la quantité de mouvement.
Pour visualiser : imagine un astronaute fictif, le Capitaine Pétard, immobile en EVA (sortie extravéhiculaire). Il laisse s’échapper une petite quantité de gaz. Le système astronaute+gaz conserve sa quantité de mouvement totale. Autrement dit, le produit de la masse et de la vitesse du gaz est compensé par un produit opposé pour l’astronaute.
Quelques chiffres pour casser le comique en précision. Une émission de gaz corporels typique peut avoir un volume d’ordre 50 à 200 mL. Si l’on prend une valeur intermédiaire de 100 mL, et une densité proche de celle de l’air (~1,2 g/L), cela correspond environ à 0,12 gramme de matière, soit 0,00012 kg. Supposons que ce gaz sorte à 5 m/s relativement à l’astronaute (un chiffre généreux pour un prout humain). L’ordre de grandeur de la vitesse donnée à l’astronaute, selon la formule Δv ≈ (m_gaz * v_gaz) / m_astronaute, pour un astronaute de 90 kg, vaut environ (0,00012 × 5) / 90 ≈ 6,7×10^-6 m/s.
Autrement dit, tu obtiens un mouvement très, très faible : quelques millionièmes de mètre par seconde. Même en poussant les hypothèses — gaz plus rapide, volume plus grand — l’effet reste microscopique par rapport aux besoins de manœuvre orbitale. À l’échelle humaine on ne ressent rien, et à l’échelle d’un vaisseau orbital c’est négligeable.
Deux nuances importantes. Premièrement, l’effet est plus grand si tu es plus léger : un petit drone ou un cube satter pourrait, en théorie, bénéficier davantage d’un même rejet massique. Deuxièmement, l’environnement compte : si le rejet se produit à l’intérieur d’un module pressurisé, le gaz ne se perd pas dans le vide, il circule et finit par se mélanger, annulant l’effet de recul global.
En bref, oui : un prout dans l’espace applique un recul parfaitement réel et mesurable en principe grâce à la conservation de la quantité de mouvement, mais l’ampleur est si petite qu’elle est insignifiante pour quiconque n’a pas l’intention de réveiller la mécanique orbitale avec une flatulence. Le prank cosmique existe en théorie, mais pas en pratique.
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Un prout dans le vide te ferait-il dériver à jamais ?
La formule dramatique « tu es parti à jamais » entendue parfois dans les vidéos virales provient d’une compréhension partielle d’un principe correct : en l’absence de forces extérieures, un mouvement persiste par inertie. Pourtant, le tableau réel est plus nuancé. Si le Capitaine Pétard reçoit un petit recul, il va effectivement acquérir une vitesse qui, en l’absence de forces, se maintiendrait. Mais l’espace n’est pas un vide absolu sans interactions.
À proximité de la Terre, par exemple, la gravité reste un acteur majeur. Si le mouvement modifie légèrement la vitesse orbitale, la trajectoire orbitale peut changer un tout petit peu, entraînant éventuellement une dérive relative par rapport au vaisseau ou à l’ISS. Cependant, d’autres forces non nulles interviennent : la traînée atmosphérique résiduelle à 400 km d’altitude est faible mais réelle, et provoque un amortissement lent des mouvements. La pression du vent solaire et le champ magnétique terrestre exercent aussi de petites forces sur les objets. Résultat : tu ne pars pas « à jamais » à cause d’un seul prout.
Autre facteur : la friction interne si l’action a lieu dans un module pressurisé. Là, le gaz expulsé va rebondir sur le mobilier, se mélanger et bientôt uniformiser la quantité de mouvement dans l’air du module. L’astronaute et l’air partagent alors la vitesse. On n’assiste pas à un décollage héroïque.
Considère l’analogie suivante : dans un train immobile, si tu pousses quelqu’un très légèrement, la poussée initiale provoque un déplacement mais le frottement contre le sol et l’air arrête rapidement le mouvement relatif. Dans l’espace proche, le frottement est beaucoup plus faible, donc le mouvement dure beaucoup plus longtemps, mais d’autres forces comme la gravité et la traînée spatiale finissent par intervenir sur des échelles de temps variées.
Finalement, sauf si tu es attaché à la coque et que tu libères des dizaines de grammes de gaz à grande vitesse (scénario improbable), le prout ne te propulsera pas hors du système Terre-Soleil. Tu pourras dériver lentement, oui, mais pas disparaître dans un film de science-fiction. Tu bougeras, mais tu resteras rattrapable — et franchement, récupérable.
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Peut-on utiliser un prout comme propulsion de secours ?
La question fait rêver les scénaristes et fait rire les ingénieurs : et si on construisait un système de micro-propulsion basé sur le gaz corporel ? En dépit du potentiel comique, la physique et l’ingénierie répondent assez rapidement par la négative. Pour comprendre pourquoi, il faut relier la situation au principe fondamental de la propulsion — l’équation de Tsiolkovski qui relie la variation de vitesse (Δv) à la masse initiale, la masse finale et la vitesse d’éjection des propulsifs.
Dans le cas d’un prout, la masse disponible est minuscule (des dixièmes de gramme à quelques grammes, dans l’hypothèse extrême d’un sac réservoir). La vitesse d’éjection reste limitée par la mécanique physiologique : on n’expulse pas un gaz de corps humain à des centaines de mètres par seconde comme une tuyère de fusée.
Le tableau ci-dessous illustre l’ordre de grandeur comparatif entre quelques scénarios fictifs, en montrant le Δv obtenu avec différentes masses de gaz et vitesses d’éjection, pour un astronaute de 90 kg.
| Scénario 🚀 | Masse du gaz (kg) 💨 | Vitesse d’éjection (m/s) ⚡ | Δv estimé (m/s) 🧭 |
|---|---|---|---|
| Prout normal 😊 | 0.00012 | 5 | 0.0000067 |
| Prout extra-musclé 💪 | 0.001 | 10 | 0.00011 |
| Réservoir humoristique 🎒 | 0.01 | 50 | 0.0056 |
| Propulseur miniaturisé (réel) 🔧 | 0.2 | 1000 | 2.22 |
Les trois premiers cas montrent l’inefficacité d’un gaz biologique : Δv est dérisoire. Le dernier cas, qui donne un Δv utile, n’a plus rien à voir avec une émission humaine : on parle d’un propulseur développé, avec une masse de propergols bien supérieure et une vitesse d’éjection élevée.
Pour être honnête, l’idée d’utiliser des expulsions biologiques comme propulsion pourrait être détournée en concept humoristique : des petits robots autonomes pourraient rejeter de l’air comprimé et se mouvoir sur de courtes distances. Mais cela reste de l’air comprimé stocké industriellement, pas des flatulences humaines.
Liste pratique (pour le fun et la pédagogie) : avantages/inconvénients d’un hypothétique module « fart-thruster »
- ✅ Avantage – simplicité mécanique (pas d’explosion nucléaire) 😅
- ❌ Inconvénient – très faible impulsion, nécessite stockage massif de gaz 🙃
- ✅ Avantage – no toxic exhaust in small quantities 👍
- ❌ Inconvénient – inefficacité énergétique et contrôle imprécis 😬
- ✅ Avantage – conversation de dîner garantie si tu racontes l’histoire 🍽️
En résumé, non : un prout ne remplacera jamais un système de propulsion embarqué. Par contre, l’idée sert d’excellent outil pédagogique pour comprendre pourquoi les fusées respectent l’équation de Tsiolkovski et pourquoi la masse et la vitesse d’éjection comptent infiniment plus que l’ingéniosité humoristique. Le prout est un professeur d’efficacité en physique, pas une option de rechange pour la NASA.
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Que devient le prout lui-même une fois libéré dans l’espace ?
Le destin du gaz expulsé dépend beaucoup du milieu de libération : à l’intérieur d’une cabine pressurisée, le gaz reste et se mélange ; dans le vide, il se dilate et s’éparpille. Dans l’espace libre, une petite bulle de gaz se comportera comme un nuage de molécules en expansion, s’étirant et perdant rapidement toute densité détectable.
La physique derrière cela est simple mais jolie. Le gaz, libéré dans un vide quasi parfait, connaît une expansion libre : les molécules partent en ligne droite jusqu’à rencontrer quelque chose, ou de plus en plus rarement jusqu’à être ionisées par des rayons ultraviolets. L’absence de collisions fréquentes rend le processus d’expansion quasi-ballistique.
En plus, il ne faut pas s’attendre à un son : le son nécessite un milieu matériel pour se propager. Un prout dans l’espace est donc muet, à moins qu’il soit entendu à travers la structure d’un vaisseau (par conduction), ce qui est une autre histoire comique — et gênante — si les voisins d’équipage sont proches.
Un autre phénomène : l’effet des rayonnements. Les UV solaires ou les particules énergétiques peuvent ioniser certaines molécules du gaz, créant des ions qui peuvent être entraînés par le vent solaire ou par des champs magnétiques locaux. À très long terme, ces molécules finiront dispersées dans l’environnement spatial, probablement sans laisser de trace détectable.
Exemple concret : pense aux panaches des comètes. L’eau et les gaz expulsés par une comète se dilatent dans l’espace et forment une coma et parfois une queue, que le vent solaire balaie. À une échelle microscopique, un prout fait pareil… mais en miniature. Pas de spectacle grandiose, juste une petite trace qui se dilue et s’en va.
Conclusion de section : le prout devient un nuage fugitif de molécules, silencieux, rapidement dilué, parfois ionisé, mais jamais dramatique. Le prout spatial est un souffle éphémère dans l’immense solitude du cosmos.
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Et si l’astronaute faisait un prout sans combinaison : quelles seraient les vraies conséquences ?
La question s’enracine dans deux idées : l’effet de la flatulence et la réalité de la survie humaine dans le vide. Déjà, un être humain exposé au vide sans combinaison ne peut pas survivre bien longtemps. L’absence d’oxygène provoque une perte de conscience en quelques dizaines de secondes, et d’autres effets physiques (ebullism, barotraumatismes) suivent.
Du point de vue du prout : libérer un gaz dans le vide à côté d’un corps en train de subir une dépressurisation n’est pas un facteur pertinent. L’immense différence de pression entre l’intérieur des organes et le vide provoque des phénomènes dramatiques bien plus importants que le simple rejet de gaz intestinal. En pratique, le gaz intestinal s’échapperait lui aussi, et contribuerait infinitésimalement aux échanges de pression, mais ce serait le cadet des problèmes.
Historiquement, quelques accidents de décompressions ont permis de mieux comprendre la physiologie du corps humain dans le vide. Les survivants de tests à basses pressions ont rapporté que l’exposition brève peut être survivable si l’aide est immédiate, mais l’expérience est traumatisante et dangereuse. Les contrats spatiaux ne prévoient pas de clauses « flatulence ».
Au-delà de l’horreur potentielle, il y a un point d’humour noir à noter : si le Capitaine Pétard, en tenue, jette un prout en dehors d’une combinaison mal fermée, le gaz ne te propulsera pas assez pour te sauver ou te tuer par inertie. Par contre, l’exposition au vide te fera perdre connaissance bien avant que la dynamique du gaz ait la moindre importance.
Donc, si l’idée est de se servir d’un prout pour survivre à une sortie sans combinaison, ça ne marche pas. Si l’intention est de provoquer un petit mouvement comique dans une simulation, c’est faisable en rigolant au centre des calculs. Mais côté survie réelle, le besoin est de sceller la combinaison, d’avoir de l’oxygène et des systèmes de contrôle thermique — pas une stratégie de propulsion endogène.
Phrase-clé de section : un prout sans combinaison n’est qu’une anecdote dans une urgence bien plus sérieuse — le corps prime sur la comédie. La sécurité du scaphandre a plus d’importance que la légende du prout cosmique.
Un prout dans l’espace peut-il vraiment te propulser ?
Oui, en théorie : la conservation de la quantité de mouvement crée un recul, mais l’effet est extrêmement faible avec les masses et vitesses caractéristiques des flatulences humaines.
Le son d’un prout se propage-t-il dans le vide spatial ?
Non. Le son a besoin d’un milieu matériel (air, eau). Dans le vide, le prout est muet, sauf si son énergie se transmet par conduction à une structure.
Peut-on survivre à une sortie dans l’espace sans combinaison ?
Non durablement. La perte d’oxygène, l’ebullism et d’autres effets rendent la situation critique en quelques dizaines de secondes ; il faut une aide immédiate pour survivre.
Un prout pourrait-il servir de propulsion pour des satellites miniatures ?
Théoriquement non : la quantité de masse et l’énergie sont insuffisantes. Les micro-propulseurs réels utilisent des masses et des vitesses d’éjection bien supérieures.
Ingénieur en sciences cognitives et communication, j’ai décidé d’explorer les grandes questions inutiles avec un style qui mêle humour, culture et autodérision.
Quand je ne cherche pas à comprendre pourquoi les chats tombent toujours sur leurs pattes, j’écrit des articles mêlant sciences, comportements humains, phénomènes naturels, culture insolite et objets du quotidien.
mon but ? Faire rire et instruire à parts égales.

